C'était il y a longtemps, hier, quelques années, qu'importe, une partition déchiffrée, une mélodie nostalgique et douloureuse, surtout une histoire à lire entre les lignes.

Les accords éveillaient des échos, main droite faussement légère, main gauche grave et sombre

une note finale comme un soupir résigné après une dissonance en forme de naufrage.

Par le plus invraisemblable des hasards, mais le hasard existe-t-il vraiment? j' ai rencontré le compositeur lors d'une master class. Nous avons échangé quelques mots, d'abord courtois, convenus et distants, puis de plus en plus personnels. Je lui ai dit, note à note, mot à mot, ce qu'il n' avait osé écrire et qu'il voulait pourtant, tellement, laisser transparaître. C'est ainsi que je reçois chaque partition : en empathie totale, en imprégnation puis fusion. Cela se passe au-delà des mots, les mots viennent ensuite.

Faire la lumière sur les zones d'ombre pour mieux les affronter et les faire disparaître.

Une histoire, très banale, de mots sur les maux. Comme il y en eut beaucoup. Comme il y en aura d'autres.

Il a poursuivi sa route, écrit d'autres partitions. La main droite est plus légère, la main gauche moins grave et sombre.

Récemment, une enveloppe déposée dans ma boite aux lettres a libéré une partition. Celle dont nous avions parlé.

La dissonance en avait été barrée au crayon.